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Le financement climatique : un important levier pour soutenir l’agriculture en Afrique de l’Ouest.

Décideurs politiques, partenaires au développement, financiers, chercheurs, entrepreneurs agricoles, entre autres experts de 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, se réunissent du 10 au 12 février au Radisson Blu de Dakar, à l’initiative du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), dans le cadre d’un atelier régional sur le financement climatique dans le secteur de l’agriculture.

Il s’agit pour les différentes parties prenantes, de mener une réflexion approfondie sur les défis et les possibilités en matière de programmation, de mobilisation, de financement et de mise en œuvre de projets/programmes visant à promouvoir une agriculture résiliente aux changements climatiques dans la région.
Les chiffres sont édifiants. A l’échelle mondiale, la survie de plus de 70% des populations pauvres repose sur l’agriculture et les ressources naturelles. Avec une population de 9,8 milliards d’habitants, dont 2 milliards en Afrique, selon les projections pour 2050, la production agricole devrait augmenter d’environ 60% pour répondre aux besoins alimentaires. En Afrique, l’agriculture représente généralement 30 à 40% du PIB. Elle pourvoit en emplois 65% de la population active, tout en garantissant la subsistance de millions d’exploitations agricoles familiales.

L’agriculture fortement impactée

L’agriculture est le secteur le plus impacté par les effets des changements climatiques. Dans son allocution d’ouverture, M. Papa Malick Ndao, Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement Rural, a rappelé que « les changements climatiques impactent négativement sur les productions agricoles et la vie des communautés dont elles accentuent la vulnérabilité. »

Bien que l’agriculture soit le principal moyen de subsistance dans la région ouest-africaine, employant 60 % de la population active, le secteur agricole ne contribue au PIB qu’à hauteur de 35 % et les économies ouest africaines sont particulièrement vulnérables au changement climatique à cause de leur dépendance à l’agriculture pluviale. Le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté est passé de 278 millions en 1990 à 413 millions en 2015 en Afrique ; et selon les tendances actuelles la pauvreté continuera de toucher plus de 400 millions de personnes en 2030. L’Afrique est la région où la prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée, avec 21 % de la population touchée en 2018, soit 256 millions de personnes. Selon les projections, l’Afrique de l’ouest subira 4% de perte de son PIB, d’où l’urgence de trouver des solutions.

Recourir au financement climatique

Les experts sont unanimes ; les solutions passeront nécessairement par l’exploration de nouvelles sources de financement car, l’accès au financement reste très faible pour les petits exploitants, ce qui ne favorise pas le développement d’une agriculture innovante.

Aussi, au regard de tous les défis croissants qui freinent le développement d’une agriculture durable, renforcer la résilience des petits exploitants agricoles n’est plus une option, mais une impérieuse nécessité, qui implique la mobilisation de ressources auprès de fonds destinés à la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement, notamment le Fonds Vert pour le Climat, le Fonds pour l’Environnement Mondial, le Fonds pour l’Adaptation, entre autres institutions.
C’est tout le sens de l’atelier régional organisé par le FIDA, qui ambitionne de mobiliser toutes les parties prenantes autour d’une plateforme, pour bâtir un partenariat avec les Autorités Nationales Désignées des fonds susmentionnés, dans le but de contribuer à la programmation et au renforcement des capacités de toutes les parties prenantes pour mobiliser la finance climatique en faveur d’une agriculture résiliente.

M. Amath Pathé Sène, Responsable Environnement et Climat pour la région Afrique de l’Ouest et du Centre du FIDA, a rappelé que « pour s’adapter à un réchauffement de 2°C, les besoins de financement actuels varient entre 5 et 10 milliards USD par an et pourraient atteindre 20 à 50 milliards USD vers le milieu du siècle. Il serait de USD 100 milliards en cas de réchauffement à 4 °C. Le volume des flux de financement liés au climat en Afrique est encore très faible ». Toutefois, il existe des motifs d’espoir car, selon M. Sène des opportunités existent avec les différents mécanismes de financements verts, qu’il invite à saisir pour construire la résilience de nos économies agricoles. Cela nécessite un partenariat entre tous les acteurs pour contenir les défis climatiques qui transcendent les départements et pays.

Les enjeux sont clairs et les experts réunis dans le cadre de cet atelier régional devront trouver des pistes de solution. D’une part, il s’agit de voir comment trouver les moyens pour mobiliser un financement de 500 millions de USD en faveur de l’environnement et du climat auprès des Fonds mondiaux pour l’environnement et le climat (notamment le Fonds Vert pour le Climat, le Fonds pour l’Environnement Mondial et le Fonds d’Adaptation) et d’autres sources de financement vert, afin de combler le déficit d’adaptation de l’agriculture paysanne. D’autre part, comment déclencher des investissements verts privés et publics, y compris des obligations vertes, dans les 24 pays participant aux initiatives en cours du FIDA.

A n’en point douter, les trois jours de travaux permettront aux experts réunis sous l’égide du FIDA, de trouver des mécanismes nouveaux et de faire des recommandations sur la manière dont une partie des fonds climatiques, pourrait servir à financer l’agriculture de la sous-région.

Par Papa Cheikh Sakho Jimbira

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