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Le Sénégal lutte contre la traite des personnes et le trafic de migrants

La traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants touchent particulièrement le Sénégal qui est, à la fois, un pays de destination pour les victimes de la traite des personnes issues de la région et un pays d'origine pour les migrants qui souhaitent rejoindre l'Europe. Ce sont deux problématiques grandissantes en Afrique de l'Ouest qui menacent la sécurité humaine et le développement économique des populations.

La traite des personnes a pour but de transformer les personnes en objets d’exploitation afin d’en tirer le plus de profits possible. L’exploitation peut prendre plusieurs formes : la prostitution ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes. Au Sénégal, le phénomène de la traite à des fins d’exploitation dans la mendicité forcée est omniprésent. Cette mendicité est conçue comme faisant partie intégrante des études islamiques des Talibés au sein des écoles (appelées daaras). Certains enfants Talibés sont trafiqués depuis la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali et la Mauritanie jusqu’au Sénégal et forcés de mendier dans les rues de Dakar notamment. 

Mais, depuis plusieurs années, on observe également une recrudescence du phénomène de prostitution forcée dans le Sud-Est du Sénégal, dans la région de Kédougou. Des centaines de jeunes femmes qui viennent de toute la région sont victimes de traite car elles ont été trompées. Les trafiquants leur ont promis des emplois comme mannequins, coiffeuses, restauratrices ou domestiques dans les pays occidentaux. Elles ont ensuite été transportées via le Benin, le Togo et le Mali avant de finir sur le site d’orpaillage de Kédougou. Leurs documents de voyage ont, pour la plupart, été confisqués et elles sont contraintes à se prostituer pour le compte des trafiquants afin de rembourser les frais soi-disant engagés dans le cadre du voyage.

L’ONUDC, en partenariat avec World Vision Sénégal, a organisé, le 27 mars 2017, une caravane de sensibilisation sur l’exploitation sexuelle des jeunes filles et femmes sur les sites d’orpaillage de Kédougou. Cet événement a reçu une large couverture médiatique grâce à la présence et l’engagement de l’ambassadrice de bonne volonté de l’ONUDC pour la traite des personnes au Sénégal : Coumba Gawlo Seck. 

La délégation l’accompagnant a pu rencontrer les autorités régionales ainsi que la population et surtout une cinquantaine de jeunes filles victimes de traite et contraintes de se prostituer à Khossanto, un village proche d’un des 87 sites d’extraction d’or qui existent dans la région du Sud du pays. Ces femmes proviennent pour la plupart du Nigéria et ont pu prendre la parole et raconter leurs parcours individuels. Elles ont été entendues par la chanteuse qui a régit ainsi : « J’ai été, à la fois, profondément attristée, émue et choquée par tout ce que j’ai vue ici. J’ai pu me rendre compte combien en Afrique les droits humains sont bafoués, particulièrement ceux des femmes. En tant que femme, je suis profondément touchée. À entendre ces filles, je sens que leur désir profond, c’est de retourner chez elles et garder leur dignité. »

En parallèle de cet événement, un atelier de formation délivrée par l’ONUDC en partenariat avec la Cellule nationale de lutte contre la traite avait également lieu à Dakar, au Sénégal du 21 au 23 mars 2017. L’atelier a réuni 30 officiers de Police Judicaire sénégalais plus précisément des inspecteurs de la Police de la Division des Investigations Criminelles (DIC) basés à Dakar pour une formation sur les techniques d’enquête en matière de lutte contre la traite des personnes. Dans ce cadre, la problématique du trafic illicite de migrants a également été abordé par les formateurs de l’ONUDC. Les participants à la formation ont pu mettre à profit leurs nouvelles compétences immédiatement après l’atelier et, seulement quelques semaines plus tard, la DIC a démantelé un réseau de trafiquants de migrants à Dakar. Ce réseau était établi depuis plusieurs années entre le Sénégal, le Maroc et l’Espagne et avait pour but de faire passer des migrants depuis le Sénégal jusqu’en Europe. Deux personnes ont été interpellées et sont interrogées. 

L’ONUDC a pour volonté de s’attaquer aux deux phénomènes de la traite des personnes et du trafic illicite de migrants et à continuer son combat dans la région et au Sénégal dans le cadre de la Stratégie régionale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants (2015-2020). 

L’activité de sensibilisation contre l’exploitation sexuelle et la formation de la police judiciaire aux techniques d’enquête contre la traite des personnes sont deux activités qui ont été rendues possibles grâce au financement et au soutien de la principauté de Monaco.

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