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Le Sénégal élabore un plan d’action intégré de contrôle de la rage basée sur l’approche «Une seule santé»

29 mai 2018, Dakar - La rage est une zoonose virale qui affecte l’homme et les autres mammifères. Elle est transmissible à l’homme par la salive des animaux infectés notamment les chiens enragés, à la suite de morsures, et tue de manière violente et douloureuse.

Selon les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la rage cause, chaque année, près de 77 000 décès dont 44 pour cent en Afrique et majoritairement des enfants. Une personne meurt toutes les dix minutes de la maladie et plus de 95% des cas humains de rage sont dus à des morsures de chiens infectés. Par ailleurs, selon le Bureau des Experts de la Rage du continent africain (AfroREB), 50 à 60 pour cent des victimes ont moins de 15 ans.

Au Sénégal, au regard de la situation épidémiologique, la rage sévit de façon endémique et pose un problème majeur de santé publique. Entre 1995 et 2017, les Services vétérinaires ont rapporté 90 cas de rage canine et la clinique des maladies infectieuses de Fann a déclaré 80 cas de rage humaine. Face à la menace liée à la propagation de la maladie, l’Etat du Sénégal a élaboré un Programme national de lutte contre la rage d’un coût de 764 millions de francs CFA. Ainsi entre janvier et septembre 2017, 9 325 chiens domestiques et 23 542 chiens errants ont été abattus. Des cas de rage au niveau des équidés et des ruminants sont aussi régulièrement rapportés. Entre janvier 2017 et avril 2018, sur les 28 cas de rage rapportés, deux concernent les bovins, trois les petits ruminants et deux les ânes, ce qui représente 25 pour cent du total.

C’est dans ce contexte que le Haut Conseil National pour la Sécurité Sanitaire Mondiale «Une Seule Santé», en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), réunit toutes les parties prenantes à la lutte contre la rage (santé publique, santé animale, environnement, secteur privé, municipalités, communautés, organisations internationales, Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales et internationales, etc.), du 28 mai au 1er juin, pour élaborer une stratégie nationale et un plan d’action intégré pour le contrôle de la rage au Sénégal selon l’approche «Une Seule Santé».

Selon le ministre de l’Élevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, l’élimination des mortalités humaines provoquées par la rage «requiert une collaboration permanente et efficace, entre les Services vétérinaires et les Services de santé publique, telle que prônée par l’Alliance tripartite OMS/Organisation mondiale de la santé animale (OIE)/FAO, dans le cadre de l’approche -Une Seule Santé-».
Elle a soutenu que «la lutte contre la rage nécessite la combinaison de plusieurs outils dont principalement la lutte contre la prolifération des carnivores errants, la vaccination, la sensibilisation-communication, obligatoirement la prise en charge des personnes exposées (…) et un budget approprié».

Renforcer les capacités des services de prévention et de contrôle de la rage
En tant que pays bénéficiaire du Programme de Sécurité Sanitaire Mondiale (GHSA) de la FAO en Afrique, le Sénégal a mené, un processus national de priorisation des maladies zoonotiques en utilisant l’Outil de priorisation des maladies zoonotiques du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies des Etats Unis d’Amérique (CDC), selon l’approche «Une Seule Santé». Les résultats préliminaires ont confirmé que la rage était l’une des six maladies zoonotiques prioritaires au Sénégal.
A travers le projet «Soutien au Programme de Sécurité Sanitaire Mondiale (GHSA) dans la lutte contre les zoonoses et le renforcement de la santé animale en Afrique», financé par l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), la FAO a contribué à la vaccination et à la formation du personnel du Laboratoire National d’Élevage et de Recherche Vétérinaires (LNERV) et de la Direction des Services Vétérinaires ainsi qu’à la fourniture de réactifs de diagnostic au LNERV. En collaboration avec l’Institut Pasteur de Dakar, l’Organisation participe actuellement à une étude «Connaissances, Attitudes, Pratiques» sur la rage et au recensement de la population canine du Sénégal.

Pour le Chargé de Programme à la FAO au Sénégal, Cheikh Guèye, la contribution de l’ensemble des acteurs clés de la lutte contre la rage permettra de «cerner les mécanismes adéquats pour la réponse au besoin pressant des différentes communautés sénégalaises et, en particulier, des enfants qui continuent de payer un lourd tribut aux effets néfastes de la rage».

Il a ainsi salué «le caractère multisectoriel et pluridisciplinaire et l’engagement commun de toutes les parties prenantes, en provenance des secteurs en charge du contrôle de la rage animale et humaine, à lutter, ensemble, contre cette menace mondiale que constitue la rage au regard de son fort impact sur la santé publique».
Eliminer les mortalités humaines dues à la maladie à l’horizon 2030
Dans le cadre du GHSA, la FAO s’est engagée à contribuer à l’amélioration des services nationaux de santé animale pour permettre aux pays de se conformer au Règlement Sanitaire International (RSI, 2005).Les équipes du Centre d’urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières (FAO-ECTAD) ont élaboré des plans de travail pour soutenir la mise en œuvre du GHSA à travers quatre paquets d’actions suivants : (i) les maladies zoonotiques (ZD) qui inclut la rage, (ii) la biosécurité et la biosûreté (B&B), (iii) le système de laboratoire (LS) et (iv) le renforcement des capacités du personnel (WD).

Avec un sous rapportage des cas de morsures et une absence de coordination intersectorielle impactant négativement la santé publique, la FAO s’est aussi engagée au côté de l’OIE, de l’OMS et de l’Alliance mondiale pour la lutte contre la rage (GARC) pour lancer, en 2016, le consortium «Unis contre la rage (UAR)» avec pour objectif commun d’éliminer les mortalités humaines dues à la rage d’ici 2030.
La rage est entièrement évitable et peut être éliminée grâce à des stratégies de contrôle durables et appropriées. Toutefois une absence d’investissement dans de tels efforts concertés et une population humaine et animale de plus en plus croissante entraîneront une augmentation continue des décès humains attribuables à la maladie.

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