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L’ONUDC soutient la lutte contre la prolifération des armes illicites au Sénégal

L'Afrique de l'Ouest continue d'être gravement touchée par la fabrication et la prolifération d'armes à feu et de munitions, alimentant la criminalité transnationale organisée et le terrorisme. Dès lors, le contrôle de ce phénomène est un objectif transversal dans le cadre de la prévention et de la résolution des conflits armés et de la criminalité et devrait ainsi constituer un élément clé de tout effort de sécurité et de stabilité efficace dans la région.

Au Sénégal, les armes légères se trouvent le plus souvent dans les régions frontalières et dans la région de la Casamance au Sud, du fait du conflit armé qui s’y est produit. La disponibilité des armes dans le pays fait risquer une augmentation du niveau de criminalité et de violence armée communautaire et peut également favoriser de nombreuses infractions comme les vols de bétails, les vols à main armée ou encore les braquages.

Afin de lutter contre ce phénomène au Sénégal, la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ComNat-ALPC) et l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), à travers de le Programme Mondial sur les armes à feu, ont décidé de réaliser une campagne nationale de sensibilisation, de collecte, d’enregistrement et de marquage des armes licites ainsi que de destruction des armes illicites, avec le soutien financier du Japon et de la Norvège.

Cette campagne s’est déroulée de 2014 à 2018. Outre le marquage, qui permet d’améliorer la traçabilité des armes, l’objectif de sensibilisation visait à faire prendre conscience, aux autorités et aux populations, des dangers liés à l’utilisation abusive des Armes légères et de petit calibre (ALPC). La promotion de l’implication des femmes dans la lutte contre la prolifération des ALPC a également marqué tout le déroulement de cette campagne grâce à la participation de groupements de femmes lors des rencontres communautaires et avec les autorités organisées à Thiès, Ziguinchor, Mbour et Bignona en avril 2018 et à Kédougou, Tambacounda et Saint-Louis en juillet 2018.

Ces rencontres ont permis de toucher directement plus de 1 000 bénéficiaires (femmes, hommes et jeunes) dans différentes zones considérées comme les plus touchées par le phénomène de la circulation illicite des ALPC (zones frontalières, foyers de fabrication d’armes artisanales…). Les messages diffusés par les membres de la société civile regroupés au sein du Réseau sénégalais d’action sur les armes légères (RESAAL) ont porté, entre autres, sur la législation nationale en matière d’armes, les procédures d’achat, de port et de détention d’armes, la remise volontaire d’armes détenues illégalement ou encore les liens entre les ALPC et les autres formes de criminalité.

D’après le rapport de la Commission nationale de lutte contre les armes légères du Sénégal, le rôle de la société civile dans le cadre de la lutte contre la prolifération et la circulation illicite des ALPC est particulièrement important, d’autant que la sécurité inclusive et les renseignements communautaires constituent des réponses efficaces face aux menaces sécuritaires actuelles.

La campagne de sensibilisation a été réalisée par le RESAAL et la campagne de collecte, d’enregistrement et de marquage des armes par la Sous-commission des forces de défense et de sécurité. Au total, 17 298 armes ont été marquées en 2018, dont 5 400 appartenant aux corps paramilitaires (Douane, Eaux et Forêts, Administration pénitentiaire et Police nationale), 5 599 armes de la Gendarmerie nationale et 6 299 de de l’Armée nationale. Ces activités ont été conduites par 15 experts formés au marquage et à l’enregistrement des armes par la ComNat-ALPC du Sénégal et l’ONUDC.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une approche sous-régionale de lutte contre la circulation des armes à feu mise en œuvre par le Programme Sahel de l’ONUDC au travers d’une campagne similaire réalisée au Niger en 2018 et démarrée au Burkina Faso en 2019. En effet, le trafic d’armes à feu fait partie intégrante des défis liés à la criminalité et à la sécurité en Afrique de l’Ouest et pris en compte par le Programme régional de l’ONUDC.

Cette campagne de lutte contre la circulation illicite des ALPC, à travers la sensibilisation, le marquage/enregistrement, la collecte et la destruction d’armes, contribue à l’atteinte de l’Objectif de développement durable (ODD) 16.4.2 pour réduire la circulation des armes, auquel le Sénégal s’est engagé ainsi qu’à la mise en œuvre de la résolution 2370 du Conseil de Sécurité visant à empêcher les terroristes de se procurer des armes ou les moyens d’en fabriquer. A travers cette campagne, c’est également l’ODD 5 qui est impacté du fait de l’implication des femmes lors des activités de sensibilisation.

Pour de plus amples informations :

Source l’ONUDC : https://www.unodc.org/westandcentralafrica/fr/2019-01-30-senegal-awareness-campaign-firearms.html

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