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L’ONUDC renforce les capacités des acteurs municipaux de la région de Dakar sur la mendicité forcée des enfants.

Le Sénégal est un pays d'origine, de transit et de destination des enfants victimes de mendicité forcée, une des formes de traite les plus visibles et les plus répandues dans le pays. Plus d'une centaine de milliers d'enfants, communément appelés talibés, sont forcés à mendier à travers le Sénégal ; Cela fait partie de leurs études islamiques au sein d'écoles (daaras) administrées par des maîtres coraniques. Les enfants talibés au Sénégal se trouvent confrontés à des problèmes d'abus et d'exploitation effrénés en dépit d'une loi de 2005 interdisant la mendicité forcée ainsi que la traite et des dispositions dans le code pénal criminalisant toute violence physique et négligence délibérée envers les enfants.

Dans ce contexte, l’ONUDC, avec l’appui financier de USAID, a organisé un atelier de renforcement des capacités des acteurs municipaux des communes de Pikine Nord, Diameguene Sicap Mbao, Gueule Tapée Fass Colobane et Medina afin que les participants aient une meilleure maitrise des notions de traite des personnes et de mendicité forcée ainsi que du cadre légal national et international.

Cette activité s’est déroulée du 22 au 24 mai 2018 à Mbour et s’inscrit dans la continuité des bons résultats déjà obtenus durant la première phase du projet dans les communes de Medina et Gueule Tapée Fass Colobane. En effet, une réduction significative du temps de présence des enfants talibés dans ces communes a été enregistrée et l’ONUDC souhaite donc élargir ces acquis aux communes de Pikine Nord et Diameguene Sicap Mbao, pourvoyeuses d’enfants, au travers d’un partage d’expériences et de l’élaboration conjointe de plans d’action municipaux en matière de lutte contre l’exploitation de la mendicité forcée des enfants.

Photo de famille des participants de l'atelier

Photo de famille des participants de l'atelier

Lors des discussions qui ont suivi les présentations sur les concepts de base liés à la traite des personnes et au cadre légal national et international qui s’y rattache, les participants ont exprimé tout leur étonnement de découvrir que beaucoup d’enfants talibés qu’ils croisent au quotidien dans les rues de la capitale sénégalaise sont soumis à une exploitation inhumaine de leur mendicité et qu’ils contribuaient sans le savoir à la pérennisation du phénomène en remettant de l’argent aux enfants talibés.

L’atelier a regroupé 30 participants dont 12 femmes d’horizons divers : Imams, maitres coraniques, conseillers municipaux, présidents d’associations de femmes et présidents d’association de jeunes, délégués de quartiers et adjoints au Maire.

Talibés, forcés de mendier à Dakar, Sénégal

Talibés, forcés de mendier à Dakar, Sénégal

Une récente étude menée par l’ONG Global Solidarity Initiative (GSI) en 2018 a relevé qu’il existe actuellement environ 183 835 enfants talibés dans la région de Dakar, dont 27 943 enfants concernés par la mendicité.

Les enfants talibés sont l’une des populations les plus vulnérables de l’Afrique de l’Ouest, souvent isolés de leurs familles, séparés de leurs communautés, et victimes/sujets de recrutement par des extrémistes. Les cas de talibés recrutés de force par des groupes de militants armés au Mali voisin ont d’ailleurs été documentés.

La mendicité forcée des talibés entraine une souffrance immense chez ces enfants qui sont privés de leur enfance et de la protection de leur famille, de la société, et plus largement de l’Etat. Ce projet contribue donc également à la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 16.2 relatif à la lutte contre la maltraitance, l’exploitation et la traite, et à toutes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants.

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