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L’ONUDC, la justice pénale et la société civile ensemble pour discuter de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest

L'Afrique de l'Ouest est de plus en plus menacée par la criminalité organisée et l'extrémisme violent qui constituent des obstacles majeurs pour la paix et la sécurité des populations. Les Etats reconnaissent l'urgence de renforcer la capacité des systèmes nationaux de justice pénale à fournir une justice équitable, conforme à l'État de droit, et à mettre en place des mesures effectives contre la criminalité organisée et l'extrémisme violent.

L’ONUDC et le Réseau des autorités centrales et procureurs de l’Afrique de l’Ouest contre le crime organisé (WACAP), avec le soutien des Etats-Unis d’Amérique, ont organisé à Dakar, au Sénégal, une réunion sur les réponses des systèmes de justice pénale et de la société civile face à l’extrémisme violent au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Sénégal, avec la participation du Nigeria et du Tchad en qualité de pays observateurs. Un total de 47 représentants (dont 10 femmes) de différents secteurs du système judiciaire, points focaux du WACAP et acteurs de la société civile ont discuté des réalités de la région et proposé des solutions pour combattre l’extrémisme violent et la radicalisation.

La réunion a été ouverte par le Ministre de la Justice et le Garde des Sceaux du Sénégal, S.E. M. Ismaila Madior Fall, qui a souligné que « ce phénomène nécessite une réponse globale, à la fois sécuritaire, judiciaire et pénale en impliquant également la société civile, élément central dans la recherche de solutions durables. »

Dans ses remarques liminaires, le Représentant régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’ONUDC, M. Pierre Lapaque, a évoqué le Plan d’action du Secrétaire Général pour la prévention de l’extrémisme violent, qui appelle à la mise en place d’une approche globale incluant des mesures de prévention systématiques et holistiques. Le plan fournit aux Etats des méthodes pratiques et des recommandations concrètes dans la prévention de la menace de l’extrémisme violent et les encourage à développer leur propre plan d’action national en collaboration avec la société civile. Soulignant l’importance de la réunion, M. Lapaque a rappelé que « le travail de la société civile est crucial pour résoudre le problème de l’extrémisme violent, en ce sens qu’il fournit une vision juste des réalités locales. Ce portrait sans concession est nécessaire notamment pour élaborer des politiques efficaces de lutte contre la criminalité transnationale organisée et contre la corruption dans la région. »

Mme Gail Fisk Malone, Conseillère juridique de l’Ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, a réaffirmé l’engagement de son pays à soutenir le renforcement de la justice pénale dans la lutte contre l’extrémisme violent. Elle a ajouté que « pour faire face au problème de l’extrémisme violent, nous devons comprendre ses causes et trouver de véritables solutions qui impliquent les groupes les plus vulnérables. » Enfin, Mme Karen Kramer, Chargée de prévention du crime et du contrôle des stupéfiants de l’ONUDC, a présenté les objectifs de l’initiative et souligné l’importance de l’élaboration conjointe et participative d’activités de suivi.

Le premier jour était dédié à la présentation des tendances régionales et des résultats de l’étude conduite par le consultant de l’ONUDC dans les cinq pays cibles. Durant les cinq derniers mois, 500 questionnaires ont été distribués et des entretiens ont été réalisés avec des juges, magistrats, avocats, personnels pénitenciers, acteurs de la société civile au Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal. Les représentants de chaque secteur et pays invités à la conférence ont partagé leurs bonnes pratiques et suggestions pour une stratégie plus efficace de lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation.

Au cours de la deuxième journée, les participants ont discuté et ont adopté une série de recommandations nationales et régionales en ce qui concerne notamment la coopération intersectorielle, la protection des victimes et des témoins, le soutien aux groupes vulnérables, les systèmes de détention et la coopération internationale. Les recommandations ont porté également sur l’usage de la plateforme du WACAP comme d’un outil régional de dialogue entre les acteurs de la justice pénale et de la société civile. Les pays ont souligné l’importance de l’accès à l’assistance juridique et le manque de soutien général à destination des victimes de l’extrémisme violent. La création d’un fonds d’indemnisation ainsi que la mise en place d’un accompagnement personnalisé des victimes ont été évoquées. Les participants ont également abordé les alternatives à la détention et les programmes de déradicalisation possibles.

Cette réunion s’est clôt avec l’adoption d’un plan d’action appelé « Appel de Dakar », qui fournit des recommandations aux gouvernements, au système judiciaire et à la société civile. L’Appel de Dakar servira de pilier pour les activités de suivi de l’ONUDC et pour le plaidoyer des participants dans leurs pays pour la mise en place d’initiatives de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.

Le Projet WACAP est un réseau de points focaux des 15 pays de la CEDEAO et de la Mauritanie lancé en 2013 avec le soutien financier de la France et des Etats-Unis en coopération avec la Commission de la CEDEAO et la Cour de Justice de la CEDEAO. Le WACAP, mis en place sous l’égide de l’ONUDC, regroupe les acteurs judiciaires de la région traitant des affaires de criminalité organisée et de terrorisme. Il contribue à l’efficacité de la coopération en matière pénale en Afrique de l’Ouest et aide à soutenir les enquêtes et poursuites engagées contre les auteurs de crimes graves et organisés.

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