BIENVENUE À L'ONU | VOUS ÊTES CHEZ VOUS
| English | Français

Système
des Nations unies
au Sénégal

Décideurs politiques, experts et partenaires plaident pour un investissement accru dans la santé dans la perspective de la réalisation des ODD.

Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, les maladies transmissibles ainsi que les affections maternelles et néonatales représentent 59% de la charge de morbidité due au handicap et au décès dans la Région africaine. Les maladies non transmissibles représentant 31% de cette morbidité. Les maladies non transmissibles et les maladies infectieuses constituent le principal facteur de perte économique à hauteur de 37,13% et 36,29%.

Afin d’alléger ce lourd fardeau de la maladie sur les plans épidémiologique et financier qui risque de s’aggraver, le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique a décidé d’attirer l’attention des décideurs politiques, des acteurs, des partenaires du secteur santé sur la nécessité et l’urgence de prendre des mesures pour résorber les gaps de financement de la santé. C’était l’objectif de la Réunion de plaidoyer de haut niveau sur le financement de la santé en Afrique organisée le 25 mars 2017 à Dakar par AFRO, en collaboration avec la Commission économique (CEA) des Nations Unies pour l’Afrique.

Toutes les personnalités et experts qui ont participé à la rencontre se sont félicités des progrès accomplis dans l’amélioration des indicateurs de santé dans certains domaines, notamment, l’augmentation de l’espérance de vie de 9 années en moyenne. Ils ont, toutefois insisté sur la nécessité d’investir davantage dans la santé afin de consolider les acquis et relever les défis pour réaliser la couverture sanitaire universelle (CSU) et atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

Le Ministre de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal a mis en exergue le double fardeau actuel des maladies transmissibles et non transmissibles ainsi que la multiplication des épidémies qui sont responsables d’un nombre élevé de décès évitables, de souffrances, de dépenses importantes pour les ménages et de pertes économiques considérables pour les pays africains.

Selon le Pr Awa Marie COLL SECK, il est indispensable de mettre en oeuvre des stratégies sectorielles pour agir sur les déterminants sociaux de la santé et d’améliorer la protection financière des populations pour leur permettre d’avoir accès à des services de santé de qualité. D’où la nécessité pour le secteur de la santé de disposer certes de nouvelles ressources mais aussi d’utiliser de façon plus efficiente les ressources disponibles et de sélectionner les actions prioritaires à financer.

Le Ministre de la Santé et de l’Action sociale a plaidé en faveur d’une approche holistique du développement économique à l’instar du Plan Sénégal Émergent dont l’axe central est le développement du capital humain avec une place prépondérante accordée à la santé, à l’éducation et à la lutte contre la pauvreté. Elle a insisté sur la nécessité d’élaborer une stratégie nationale de financement de la santé soutenue par un leadership politique fort, l’amélioration de la gouvernance, l’harmonisation et l’alignement de l’appui des partenaires techniques et financiers et le développement du partenariat public-privé. La gestion basée sur les résultats, la transparence et la redevabilité devront être de rigueur.

Pour sa part, la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique a indiqué que grâce aux efforts déployés dans le cadre des OMD, les résultats en matière de santé se sont améliorés en Afrique : la mortalité infantile a chuté de 54%, la mortalité maternelle de 45% et les décès liés au SIDA ont diminué, passant de 1,13 million à 0,8 million entre 1990 et 2015.

Cependant, le contexte actuel de l’augmentation des coûts des soins de santé, la diminution du financement extérieur et la charge de morbidité menacent d’éroder ces gains.

C’est pourquoi, le Dr Matshidiso MOETI a insisté sur la nécessité d’accroître les ressources allouées à la santé, en accordant plus d’attention à l’influence des déterminants sociaux de la santé et aux investissements intersectoriels qui auront un impact sur la santé et le bien-être. « Je m’attends à ce que les résultats de nos travaux contribuent à la construction d’une Afrique où chaque mère reçoit les soins dont elle a besoin pour assurer la sécurité d’un bébé en bonne santé, même si elle vit dans le village le plus éloigné, où nos jeunes font face à un avenir prometteur, prospère et sain, où toutes les personnes peuvent obtenir les soins de santé dont elles ont besoin. Il s’agit de la couverture sanitaire universelle qui sous -tend tous les objectifs de santé du programme de développement durable », a ajouté la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Comment et où trouver des ressources financières accrues pour le secteur de santé ?

Le Pr Takyiwaa MANUH Directrice de la Division des Politiques de développement social de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, a suggéré la mobilisation accrue de ressources domestiques, l’application d’un impôt sur les importants transferts financiers effectués chaque année par les travailleurs de la diaspora vers leurs pays d’origine, la mise en place d’une assurance santé et l’utilisation plus efficace des ressources disponibles dans le secteur de la santé.

Mr Birima MANGARA, Ministre sénégalais du Budget, a souhaité une formulation précise des besoins, une bonne planification, une meilleure lisibilité de la carte sanitaire, l’élaboration de projets d’investissements et la mise en place d’un cadre efficace de suivi- évaluation qui peuvent permettre au département de la santé de bénéficier d’un arbitrage favorable lors des conférences budgétaires. Il a salué la volonté politique des autorités nationales de respecter les engagements internationaux pris par le Sénégal en matière de santé. Ce qui se traduit par la progression constante du financement alloué au secteur avec comme principale priorité la mise en oeuvre de la CMU. Un panel modéré par le Dr Delanyo DOVLO et Directeur de cluster Systèmes et Services de Santé d’AFRO, animé par le ministre de la Santé de l’Ouganda, Mme Jane RUTH ACENG, et des experts de différents profils et domaine d’interventions a permis aux participants à la réunion d’avoir de larges échanges, de tirer les enseignements des nombreuses initiatives déjà mises en oeuvre et de formuler des stratégies visant à mobiliser davantage de ressources financières en faveur du secteur santé, dans la perspective de la réalisation des ODD.

Facebook ONU

Chaîne video ONU
INSTAGRAM