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au Sénégal

Colloque sur la responsabilité des magistrats dans la protection des victimes de traite et des migrants objets de trafic illicite

Depuis plusieurs années, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants sont devenus un sujet d'inquiétude grandissant dans la région de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. En effet, la région est un lieu de départ, de transit et de destination pour les victimes de traite et les migrants qui font objet de trafic illicite sur leur route vers l'Europe, l'Amérique, le Moyen Orient et l'Asie. Cette migration est favorisée, en Afrique de l'Ouest, par le Traité portant création de la CEDEAO, son Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d'établissement de 1979 et ses Protocoles supplémentaires

S’agissant plus particulièrement du Sénégal, la traite des personnes prend différentes formes telles que la mendicité des enfants, l’exploitation sexuelle des filles et femmes sur les sites d’extraction traditionnelle d’or de Kédougou ou encore la servitude domestique interne et transnationale. Quant au trafic illicite de migrants, il passe par la voie terrestre comme par la voie maritime. Des jeunes désireux de migrer utilisent les services de passeurs en transitant par le Niger et la Lybie et par la Mer Méditerranée pour rallier l’Occident au péril de leur vie. Ces phénomènes posent de réels défis aux gouvernements nationaux et aux institutions régionales.

C’est dans ce contexte que s’est tenu un colloque initié par l’ Union des Magistrats du Sénégal (UMS), en partenariat avec la Cellule Nationale de Lutte contre la Traite des Personnes et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), du 17 au 19 avril à Dakar, Sénégal. Le colloque avait pour but de renforcer la réflexion et le dialogue sur la responsabilité des magistrats dans la protection des victimes de traite et des migrants objets de trafic illicite au Sénégal.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par les plus hautes autorités sénégalaises, notamment le Premier Ministre et le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux pour marquer tout l’engagement du gouvernement à lutter contre ces deux fléaux. Elle a également été marquée par la présence des bailleurs de fonds, représentés par SE M. Theo Peters, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas et Mr Guédel Ndiaye, Consul de la Principauté de Monaco.

Cet évènement a réuni 50 participants dont 6 femmes, issus de la Magistrature, des Ministères sectoriels, de la société civile nationale, des associations de Maîtres Coraniques, de la Police, de la Gendarmerie, du Clergé et des partenaires techniques et financiers. Tous très impliqués sur le sujet, chacun a permis de nourrir des débats et susciter la réflexion au travers de contributions et d’exemples pertinents. Comme l’un des magistrats l’a souligné en rappelant : « Nous sommes certes des magistrats, mais nous sommes aussi des citoyens ».

Dans une démarche participative, toutes les présentations ont été suivies d’échanges et de débats. Lors des travaux de groupe, deux groupes ont été créé afin de permettre de réfléchir sur les actions à mettre en œuvre pour lutter plus efficacement contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants au Sénégal. A la suite des travaux, les restitutions en séance plénière ont permis de discuter les recommandations des deux groupes. Parmi ces recommandations, l’importance d’avoir deux lois séparées sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants ainsi que de définir une politique pénale nationale visant à renforcer la poursuite des auteurs de traite a été particulièrement mise en avant. Il faudra aussi relever le quantum des peines prévus pour les cas de traite ; prévoir, dans les nouvelles lois, l’utilisation de techniques d’investigations spécifiques, incluant la possibilité de l’usage des écoutes téléphoniques.

Cette activité contribue à la Stratégie régionale de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants mise en œuvre en Afrique de l’Ouest et du Centre (2015-2020).

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